Amis, ne nous faites pas honte!

Montréal, le 16 mai 2014

Récemment, un cycliste a été violemment frappé par un autre cycliste qui brûlait une rouge.

Ce dernier, très classe, s’est enfui des lieux.

a70b02fc-4b2a-11e1-b79a-1c6d0914fde1La victime est alitée pour un mois sur le ventre, pas de travail, pas d’indemnisation, pas de recours possible puisqu’on ne sait pas qui est le crétin de service, rien.

Cyclistes, ne nous faites pas honte!

Alors que la quasi totalité des organisations cyclistes lutte pour faire de nos villes des entités « intelligentes » où chacun des usagers de la route peut avoir sa place;
alors que trop de moments tragiques ont récemment dessinés les contours des réalités urbaines actuelles;
alors que la grande majorité de la population et des pouvoirs publics semble prendre fait et cause pour le nécessaire changement de paradigme que nous avons tous à vivre;
alors qu’elle commence à comprendre que nous vivons sous des règles désuètes en la matière,
il est grand temps pour nous tous, membres de la communauté cycliste, parties prenantes de la société dans son ensemble, de montrer l’exemple lorsque nous le pouvons.

Des règles raisonnables et applicables

Certaines des règles qui nous régissent sur la route sont importantes, assurent l’ordre public et restent en tout temps efficaces, si l’on cherche à vivre ensemble. Par exemple :

  • respecter les lumières de régulation de la circulation : ces dernières visent à faire en sorte que chacun respecte les priorités, respecte l’autre, et permette à la circulation de s’effectuer de manière organisée. Brûler une lumière rouge, c’est grave, c’est idiot, c’est irresponsable;
  • les arrêts-stop : le but est sensiblement le même que pour l’exemple précédent. Le respect des autres, l’organisation de la circulation dans des zones moins achalandées, la plupart du temps résidentielles. Récemment, une jeune fille de 11 ans a été percutée par un conducteur trop pressé. Alors, si l’on aime pas que les autres le fassent, pourquoi passer tout droit à son tour sans s’inquiéter d’une éventuelle présence à l’intersection?
  • Être visible : des réflecteurs aux bons endroits, des phares qui éclairent et qui nous éclairent, signaler ses intentions aux autres usagers de la route, plusieurs nécessités qui existent, même hors du contexte cycliste. Imaginons des automobiles, la nuit, sans aucune lumière, sans clignotants, allant comme des fantômes dans nos rues. Pas très difficile d’imaginer le résultat! C’est la même chose pour l’ensemble des usagers, et un tel équipement ne coûte pas cher, en tous les cas, bien moins que des roues en carbone!

Et il y a d’autres règles importantes : ne pas rouler sur des trottoirs n’importe où et n’importe quand, conduire un vélo d’une main en téléphonant de l’autre, rouler à contre sens sur des artères achalandées, à l’heure de pointe, bref … rester respectueux de l’autre et être diligent et responsable.

Des règles absurdes et impossibles à respecter
Dans cette catégorie, impossible de passer sous silence :

  • l’obligation de rouler à l’extrême droite de la route, lorsque cette extrême est une zone de portière! Mettre sa vie en danger, c’est impossible à concevoir, et cela doit rapidement être modifié. Ou bien c’est la loi qui doit changer, ou bien les municipalités réservent un zone tampon sur toutes les routes, dès que des autos peuvent potentiellement se stationner en parallèle. Hors de cela, pas de salut, il faut s’éloigner des portes, quand bien même d’autres usagers plus « gros » se sentent ralentis, ne pouvant rouler à 30 ou 40 km/h, mais quelques minutes à 20 ou 25 km/h;
  • impossible non plus de ne pas avoir la possibilité de circuler sur les trottoirs lorsque la voie dédiée est trop dangereuse, faute d’infrastructures adéquates. Mais encore là, respect de l’autre, respect des marcheurs, vivre ensemble.

Montrer l’exemple
La liste peut bien sur s’allonger.
Mais en tout état de cause, il est des mesures qu’il est possible de mettre en oeuvre, et qui visent avant tout à organiser nos déplacements de manière sécuritaires.
Si nous voulons que tout ce paradigme change, si nous réclamons des pouvoirs publics, si nous sensibilisons les autres usagers à nos réalités, si nous voulons réellement que nos villes puissent être des cités sécuritaires et harmonieuses (utopie nécessaire), alors nous devons absolument montrer l’exemple, et travailler pour le changement.

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Ne pas laisser aux autres la possibilité de nous qualifier, ne pas nourrir la haine de certains, ne pas satisfaire les préjugés si simplement acceptés actuellement, quel beau point de départ!

Un comportement irresponsable, idiot, criminel pour certains; un membre de notre communauté alité; un contexte législatif accidentogène et libératoire de ce comportement;
s’il vous plaît, aidez-nous, aidez-vous.