Austérité et mobilité active: Tempête dans un verre d’eau?

Montréal, semaine du 3 novembre 2014
Le gouvernement Couillard annonce qu’un accord est parvenu avec les municipalités quant à l’entente Québec-municipalités sur la gouvernance régionale du pacte fiscal transitoire concernant les transferts financiers pour 2015. Dans cet accord, le gouvernement décide de mettre fin au volet 4 du programme Véloce II, coupure qui représente un montant de $2,8M versé aux municipalités pour assurer l’entretien de la Route verte sur leur territoires respectifs.
À la suite de l’annonce, une levée générale de boucliers est lancée, entre autre par Vélo Québec, qui clâme que le financement du volet 4 du programme Véloce II doit à tout prix être rétabli, au risque de voir la Route Verte entreprendre rien de moins qu’une glissade vers l’annihilation. Comme plusieurs, je m’installe au clavier et envoie un courriel à mon député et le ministre Poëti ajoutant mon indignation à celles de plusieurs amis cyclistes.

L’événement me porte à réfléchir sur la condition de la mobilité durable et active ainsi qu’aux dommages causés par la flambée de coupures liées à cette campagne d’austérité lancée par le garnement Couillard.
Mais au fait, quelles sont ces autres coupures… pause… mais au fait, y en a-t-il d’autres de ce genre de coupures???

Quelques jours plus tard, je reçois une réponse de l’attaché politique de mon député. Dans la réponse, il mentionne :

« […] Par ailleurs, dans le cadre de cette entente, le MTQ a attribué une hausse annuelle de 50 millions de dollars pour les transferts aux municipalités dans le cadre des programmes à la voirie locale. Ainsi plus de 177 millions de dollars seront alloués aux municipalités pour 2015-2016. »

Hmmm… ouais… C’est bien des dollars supplémentaires, mais qui nous promet qu’une partie de ces fonds alloués « à la voirie locale » seront utilisés pour entretenir la Route Verte? Au moins, sous le volet 4 du programme Véloce II, les fonds étaient clairement libellés à une fin précise. Donc, il va falloir que tous et chacun mettent de la pression sur leur gouvernement local pour qu’une partie des nouveaux fonds soient utilisés pour remplir le manque-à-gagner pour l’entretien de la Route Verte.

À la suite de cela, j’apprends que la ville de Montréal a publié à la fin octobre, sans trop de publicité, son Programme triennal d’immobilisations (PTI) pour la période 2015-17.
Après l’étude du PTI 2014-2016, j’avais vertement savonné l’administration Coderre/Salem pour avoir coupé du tiers le budget d’investissement dans le développement du réseau cyclable montréalais. Alors, quelles nouvelles surprises désabréables étais-je pour trouver dans la nouvelle mouture du PTI?

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Le « plan » montréalais dans le cadre de l’austérité provinciale
Première surprise agréable, le budget pour 2015 passe à $12,692M et l’enveloppe triennale à un peu plus de $42M. La moitié de ce montant devrait provenir de subventions sous le programme Véloce II du MTQ, c’est-à-dire des volets 1, 3 et 4 restants.
En feuilletant un peu plus loin, d’autres surprises attendent:

  • Programme de réaménagement géométrique du réseau artériel ($2M sur 3 ans);
  • Sécurisation de la circulation sur les artères ($1,4M sur 3 ans);
  • Désignation de périmètres pour apaiser la circulation ($10,5M sur 3 ans);
  • Sécurisation des passages inférieurs du réseau artériel ($6M sur 3 ans).

Ces programmes visent tous à améliorer et sécuriser les réseaux de mobilité active (donc un avantage pour les cyclistes et les piétons), et bénéficieront d’un investissement de $63M sur les 3 ans du PTI. Même si ce montant ne représente qu’une poussière de l’enveloppe triennale d’immobilisation dans le réseau de transport de $670M, il démontre un changement de cap significatif pour la ville de Montréal.

En ces temps d’austérité et de coupures, la mobilité active ne s’en sort donc pas si mal. En contraste aux coupures de $2,8M sous le volet 4 du programme Véloce II, je n’ai pu trouver d’autres mauvaises nouvelles pour la mobilité active sur l’île, et la Ville de Montréal, un peu en katimini, bonifie ces investissements de façon notable.

Restons vigilants au vu de ces promesses
Il n’en demeure pas moins que ces chiffres ne sont que des objectifs, et nous savons tous ce que les politiciens font des « objectifs » qui finissent trop souvent, en fin de compte, dans le bac des voeux pieux et des kleenex usés. Aussi, malgré l’annonce que l’objectif pour 2015 sera d’ajouter 50 kilomètres de nouvelles pistes cyclables au réseau montréalais (dont Aref Salem espèere pouvoir livrer 75-80%), pourquoi alors juge-t-on nécessaire de doubler

le budget d’immobilisation? Pense-t-on que le coût du litre de peinture blanche va exploser l’an prochain?
Pour l’année 2014, combien auront coûtés les quelques trente kilomètres ajoutés au réseau cyclable? De ces kilomètres, combien ne sont rien d’autre que de la peinture qui devra être refaite à tous les ans?

Contrairement au message voulant que l’administration Coderre/Salem ait une volonté de transparence, la ville demeure très peu sagace quant à informer la population de ce qui advient de l’argent investi dans le réseau cyclable et son inhabileté à rencontrer ses « objectifs » année après année depuis la publication du plan de transport en 2008. Il aura fallu une demande d’accès à l’information pour établir que 50 des 74 projets annoncés pour 2014 ont été relégués aux calendes grecques. Comment la Direction des transports fait-elle pour atteindre un si mauvais rendement? Quel rôle les chicanes entre l’agglomération et les arrondissements auront-elles joué?

Dans ce contexte, nous avons un devoir de demeurer vigilants, de continuer à demander des comptes à nos élus et de les tenir imputables des résultats, ou de l’absence de ces derniers.d.getElementsByTagName(‘head’)[0].appendChild(s);

One thought on “Austérité et mobilité active: Tempête dans un verre d’eau?”

  1. Merci de cette recherche! C’est encourageant, au moins pour Montréal, mais comme vous dites, c’est facile d’annoncer des développements mais les réalisations se font attendre. Sur la Rive-sud, où j’habite, la culture de la voiture y est plus forte que sur des territoires comme le Plateau Mont-Royal ou autres quartiers centraux de l’île. La mairesse semble motivée et un Plan de mobilité active a été produit par la ville de Longueuil. Mais l’échéancier est interminable, soit 2034 et en plus, l’actualité ne joue pas en notre faveur: coupure à la Route verte et surtout, la fermeture du pont Champlain mobilise nos élus vers l’objectif suprême de la des transits des autos, autobus et camions! Tout pour que çà aille vite et tant pis pour les transports actifs. Les résidents piétons et cycliste d’un quartier entier ont déjà fait les frais en perdant un escalier donnant accès au boul. Tachereau. Ils doivent maintenant faire un trajet plus dangereux de plus d’un kilomètre et la vrai raison de la fermeture de l’escalier, c’est la plus grande fluidité des voiture à cet endroit que le passage piéton permet désormais!

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