Courage, t’es capable!

Montréal, le 30 septembre 2014
Le moment me semble assez désolant pour ne pas vouloir récupérer cet état des lieux particulièrement accablant concernant la mort de Mathilde Blais. Je crois que les citoyens sont à même de comprendre à quel point cet événement dépasse de loin les limites acceptables de ce que l’on appelle une « excuse ».

Alors, abordons la chose sous un autre angle que celui d’un triste événement.

Le rapport du coroner est assez clair à l’effet qu’il faille grandir et arrêter de jouer avec des mètres à droite, des mètres à gauche, des cm en haut ou autres petites « mesurettes » de ce genre. Cela déconsidère la personne et laisse penser qu’on peut « négocier » la sécurité des personnes sur la route. Ce genre de frilosité marque aussi l’imaginaire : le vélo n’est pas un véhicule, c’est une nuisance d’abord, mais comme il faut assurer un minimum de sécurité, donnons-lui quelques mètres par ci, par là, et continuons à nous considérer nous-mêmes comme des exceptions sur la route.

Mais il me semble qu’il est grand temps d’aller de l’avant et de mettre nos culottes.

La sécurité du cycliste passe d’abord par sa visibilité et le dépassement sécuritaire de ce dernier ne peut se faire qu’en changeant de voie. Le cycliste, pour être vu et non camouflé dans les automobiles stationnées ou dans le décor, doit pouvoir utiliser la voie de droite, point. « C’est la route qu’on partage, pas la voie! », lisait-on récemment.
Si l’on demande 1.5m à droite pour éviter l’emportiérage et que l’on demande 1m à gauche pour le dépassement par un véhicule routier, il reste 50cm sur la voie pour un dépassement. Donc, nécessairement, en auto, il n’y a pas d’autres choix que de procéder de la même façon que pour dépasser n’importe quel véhicule, c’est-à-dire en changeant de voie : clignotant, rétroviseurs et angle mort, utilisation d’environ la moitié de la voie de gauche, retour dans celle de droite après le dépassement. Et dans tout cela, la distance de sécurité d’1.5m laissé à droite du cycliste le place nécessairement dans la voie de droite, au milieu exactement, puisque la largeur moyenne des voies de circulation en ville est de 3m.

Alors pourquoi ne pas être franc et reconnaître que le changement de voie obligatoire pour dépasser et l’utilisation de la voie de droite par le cycliste sont des mesures qui assurent réellement la sécurité du cycliste, assurent sa visibilité, et surtout, reconnaissent son droit à l’utilisation de l’espace public à titre de conducteur de « véhicule »?

Cette histoire de mètres nous place encore dans le paradigme qui veut que le cycliste est une exception et qu’on va lui « accorder » aimablement un espace. C’est une conception rétrograde qui construit encore l’utilisation de l’espace public autour de l’automobile.

La modernité demande autre chose, tout comme la philosophie qui sous-tend la fameuse démarche « Code de la rue » oblige celles et ceux qui la prônent à agir en conséquence.

Elle demande que le vélo soit pleinement reconnu par les usagers comme véhicule, que l’Homme soit la première des considérations dans l’utilisation de l’espace urbain. Elle commande à n’importe quelle personne qui se respecte de se demander s’il est normal, en 2014, qu’un enfant ne puisse aller à l’école seul, sans peur de se faire frapper. Est-il honorable d’entendre des enfants de 8 ans et plus dire qu’ils ont peur de traverser des rues?

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La modernité oblige aussi à se poser la question de savoir ce que l’on veut faire de nos villes pour les 50 prochaines années. Elle oblige à reconnaitre que le trafic automobile doit être considéré après avoir établi les priorités préalables aux plus vulnérables. L’auto, dans ce monde moderne, devient une exception. C’est une invitée qui doit faire preuve de prudence, de politesse et de courtoisie à l’égard de son créateur.

L’important est de valoriser la ville, ce que l’on ne peut tout simplement pas faire en misant sur l’automobile et en augmentant la capacité routière (Catherine Trautmann, ancienne mairesse intelligente de Strasbourg)

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Quel milieu de vie veut-on léguer? La ville comme « contenant » ou la ville comme « contenu » des personnes physiques elles-mêmes? L’œuvre ou le créateur? La ville intelligente ou l’intelligence dans la ville?

Alors si l’on veut rester dans l’ancien temps, restons avec ces « mesurettes » polies et politiques.
Si en revanche nous voulons, comme les bêtes sociales que nous sommes, entrer dans la modernité, plaçons le piéton et le cycliste en premier lieu dans nos considérations routières, et agissons « par les yeux d’un enfant », comme le recommandent depuis longtemps les « inventeurs » de la pensée du « Code de la rue » depuis 1970.

Exigeons des mesures vraies, concrètes, honnêtes et montrons que nous sommes capables, nous, de faire nos recherches et d’agir comme des professionnels.

Nous en serons tous bien heureux, je vous le garantis.

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