La liberté n’a pas besoin de justification

Montréal, le 8 janvier 2015

Il existe parfois des moments où des causes dépassent les frontières. Nul besoin de préciser l’atteinte particulièrement ignominieuse de ce jour aux libertés les plus fondamentales, piliers des démocraties dans lesquelles nous somme fiers d’évoluer.

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Parmi ces atteintes, il y a les paroles et publications outrageuses des certains médias quant à l’élimination des cyclistes, notamment et particulièrement en hiver, la justification rationnelle de la mort de cyclistes « qui sont au milieu de la rue », bref, des atteintes constantes, répétitives et nauséabondes.

Il existe aussi des personnes, qui par de leur profession, soutiennent les mouvements et communautés minoritaires, ce que nous sommes : les journalistes.

Il y a aussi des personnes qui refusent que nos idées et idéaux sociaux prolifèrent et perdurent. Nous en avons tous été témoins.

Ça, c’est notre intérêt personnel et communautaire.

Mais il existe aussi des atteintes, similaires, exactement les mêmes, qui exigent que nous nous en réclamions solidaires, parce qu’elles ont les mêmes effets et les mêmes fondements que celles auxquelles nous sommes confrontées. Ce sont des choses qui dépassent notre simple intérêt personnel, mais qui représentent la même ignominie.
Ce sont finalement toutes des choses, idées, qui se rapportent à un groupe qui refuse que certaines idées (des libertés et des droits) ne vivent et ne survivent, dont acte, cette tuerie d’aujourd’hui.

Bien des journalistes soutiennent notre mouvement ou communauté, bravant ainsi certaines idées reçues d’un autre groupe, minoritaire lui aussi, celui qui considère que nous n’avons pas notre place dans l’espace public et/ou dans la société.

Pour toutes ces raisons, en soutien à l’ensemble de ces journalistes, en remerciement à leur courage et à leur intégrité, il me semble normal de démontrer notre soutien de notre communauté par un hommage à ces victimes qui, somme toute, font partie de nos prérogatives, aussi.

Faut-il un lien nécessaire avec le vélo pour se rassembler, comme communauté d’abord, comme groupe social ensuite, pour s’insurger d’un tel acte? Ce serait bien triste.

Il semble plutôt qu’un groupe qui se veut communautaire doit s’exprimer sur des sujets qui dépassent justement les groupes, les castes et les intérêts, dans le but de montrer, en groupe, qu’il n’accepte pas ce genre d’atteinte, tout simplement parce que l’idée maîtresse d’une communauté c’est justement la soif de liberté.

Une violation du droit à la liberté d’expression, à la liberté de la presse doit-elle être soumise à une violation à la liberté de circuler ou celle d’utiliser l’espace public? Certainement pas.

Il n’y a pas de hiérarchie entre elles, parce que nous naissons avec. C’est un acquis naturel chèrement confirmé par de multiples combats qui justement dépassent le simple intérêt personnel et communautaire.

Ne pas agir aurait alors le même effet que d’accepter les paroles insupportables que nous entendons parfois et contre lesquelles nous nous érigeons avec force. C’est finalement accepter, comme communauté, ne pas être lié aux mêmes fondamentaux que d’autres, au seul motif qu’on ne parle plus alors de vélo.

Le lien? Le courage de faire valoir des fondements inhérents à notre personne.

Un événement est organisé le samedi 10 janvier à 13h30, en vélo, pour rendre hommage à ces victimes (des personnes, comme nous, qui combattent les idées reçues et la liberté), et pour démontrer que oui, nous sommes liés dans ce genre de cause.

On vous y attend, nombreux et fiers.

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